20091109

Groupie un jour, amies toujours

Ceci est un hommage à ma meilleure amie qui depuis notre adolescence a été là pour moi lorsque j'avais besoin de son soutien. Dans les joies, et surtout dans les peines de coeur, elle a toujours su trouver les mots, et les silences...



20091103

L'enfer, c'est les autres...

J'adore prendre le bus mais pas vraiment le matin, à l'heure de pointe, quand les haleines se mélangent aux déodorants pas chers.
En plus, la plupart du temps le bus est bondé, donc, je suis forcée de me retrouver pratiquement à chaque fois, debout, collée à moult business people essayant de trouver mon équilibre tant bien que mal, entre deux coup de freins.
Ce matin, j'ai eu une place assise… j'étais toute contente. Blottie sur ma chaise, au chaud, j'enfonce les écouteurs de mon iPod dans les oreilles et commence le voyage avec délice et le dernier opus de Benjamin Biolay.
Arrivée à l'arrêt suivant, un garçon méga cute (genre croisement entre Jarvis Cocker et Jude Law) monte et se pose à côté de moi … vraiment, j'étais aux anges. Quand soudain, à 9h du mat, le mec sort un sandwich de son sac et commence à le manger… le sandwich était au poisson…. ou un truc du style…
Non seulement ça a cassé le personnage, mais j'ai cru vomir mon Tetley!
Ceci est mon coup de gueule contre le manque d'élégance dans les transports en commun.



20091026

Au vin mauvais...

Depuis quelques temps, je me rends compte que je ne supporte plus aussi bien l'alcool que dans ma jeunesse... Pas en quantité de boisson, mais en qualité de sociabilité... Je m'emporte disons, plus facilement... parfois même, je me fais peur....




20091021

So crad...

L'autre jour je me suis faite surprendre en flagrant délit alors que je me rongeais les ongles des pieds… Vieille habitude répugnante mais qui me permet de garder une certaine souplesse….

Heureusement, il n'y a vu que du feu!



20091012

J'aurais voulu m'appeler Brenda...

En 1985, lorsque je suis rentrée en 6ème, je me suis tout de suite bien entendue avec Nila qui reste d'ailleurs ma meilleure amie à ce jour.

Il était courant à l'époque dans les cours d'Anglais, que la prof nous attribue un prénom anglophone, certainement pour nous mettre davantage dans l'ambiance et nous familiariser avec la culture.
Après moult hésitations, on était toute contente et fière l'une et l'autre de notre choix de prénoms. On était alors en sixième, et le truc qu'on ne savait pas, c'était que ces prénoms nous suivraient jusqu'en troisième… Or, en 1990, Beverly Hills 90210 était bien plus tendance que Dallas…


20091008

J'aime regarder les filles

Un truc qui me tue, c'est de voir une nana qui porte les même fringues que moi ET qui de surcroît, les porte beaucoup mieux… viennent après les paroles rassurantes de l'être aimé.



20091005

La nuit du chouineur

L'inconvénient quand on décide d'arrêter d'allaiter c'est que la nuit, notre aptitude à calculer les doses de lait en poudre est quelque peu perturbée…..


20090928

Trop les boules... de crystal

J'ai arrêté de consulter des voyantes, le jour où on m'a prédit que des choses effrayantes!



20090926

Poke!

Ok, je l'avoue, je suis totale addict aux réseaux communautaires sur internet...
dès que j'ai 5mn, je guigne sur ma page pour voir si il y a des nouveaux
comments concernant mon lien Youtube ou si le statut de mon amoureux de primaire
a changé depuis 13h40.
Le problème c'est que je ne sors plus! Et donc, que tous mes nouveaux amis, sont
également virtuels...
Ceci dit, le fait d'avoir des amis virtuels n'a pas que des inconvénients: pas
besoin de les supporter toute une soirée, ou pas besoin de bien se fringuer si
on chat avec eux... En plus, si ils deviennent inintéressants, on peut les
chasser de nos profils d'un coup de clic sans se soucier de leurs sentiments.
Evidement, l'avantage s'arrête lorsque ce nouvel (ex) ami fait aussi partit de l'association des parents d'élèves....


20090918

Un jour, mon prince viendra....

Etant mama de deux garçons et étant résolu à laisser mon utérus définitivement en paix, je pensais que ce moment ne serait jamais venu.
Pourtant si, il y a quelques jours, mon grand à qui j'avais acheté un costume de pirate, m'a demandé également d'acheter une couronne et une baguette de princesse pour moi!!! Sur le coup, j'ai dû cacher ma joie aux vendeuses pour ne pas paraître puérile et me la jouer maman raisonnable qui ne va pas acheter 10000 trucs à son fils le même jour… et puis aussi, je ne voulais pas acheter la première parure venue… j'en avais vu chez Claire's des bien plus jolies!
Justement, en rentrant du magasin de jouets, on passe devant la boutique pour ado… Mon fils n'est pas trop chaud pour rentrer dans cette caverne ultra pailletée mais je lui montre dans le fond les différentes couronnes et baguettes de fée…. Il est ravi, mais pas autant que moi, et il fonce pour les contempler de plus près…
"Tu prends la grosse couronne Maman", m'ordonna mon chérubin… "et la jolie baguette étoile". "Tu es sûr mon amour? Tu sais, maman est un peu grande pour jouer aux princesses" dis-je doucement pour ne pas qu'il entende trop.

"Alleeeeeez, steuplait mam'!"
"Bon, ok…. Mais c'est bien parce que tu as été gentil chez mamie, hein!"
Ni d'une ni de deux, je paye, on rentre et on joue!
Garnie de ma couronne et portant fièrement mon sceptre aux milles brillants, j'eu un délicieux pincement au cœur. Ce retour en arrière me fit un bien fou.



20090908

Sweet pee

Je suis retournée à la galerie Chappe l'autre jour pour célébrer l'anniversaire de Michael Jackson en bonne et due forme… open bar de mauvais vin à gogo, quelques conversations et matage de look plus tard, vint le moment ou je dus tant bien que mal trouver le petit coin parmi la foule.
La galerie était plutôt jolie, je ne sais pas pourquoi je m'attendais à trouver des toilettes agréables ou en tout cas, propres.
C'est en bas d'escaliers plutôt pentus (heureusement, je n'en étais qu'à mon 3ème verre et je ne portais pas de talons…) que je me retrouvais dans une petite pièce grise, puante et sombre avec des chiottes délabrés…
Je saisis la clé de la porte avec mon tee shirt pour ne pas toucher le métal que moult mains sales avaient pu toucher, je m'enfermais et avisais… Je me mis donc sur la pointe des pieds et visais comme je pus, le milieu.
Puis, alors que j'étais en train de faire pipi, me vint une illumination: Jarvis avait aussi dû faire pipi ici!! C'est fou mais d'un instant à l'autre, ces toilettes minables se transformèrent en fantastique relique, en lieu de pèlerinage! Je voyais Jarvis, l'air de rien, avec une clope dans la main siffloter un air de son dernier album en vidant sa vessie… Peut être même qu'un de ces poils pubiens traînait encore par terre parmi les autres.
Je partageais un moment d'intimité suprême et mon imaginaire n'avait plus de limite. Si bien que j'en oubliais les germes et de me laver les mains avant de partir… Je sortis de ma grotte toute émue et un peu déstabilisée. Je repris un 4ème verre, pour fêter ce moment.






20090901

Oiseaux de nuit

En ce moment, on a un sommeil super profond avec mon mari... surtout le jour.



20090831

Oasis Oasis Oh!

Je n'ai jamais été vraiment trop rebelle, enfin, dans mes actes… d'esprit certes, mais ado, je n'ai jamais fait de révolution pour revendiquer quoi que ce soit. Peut être parce que je n'ai jamais ressenti la force de gueuler pour quelque chose de vraiment révoltant, ou parce que je n'avais jamais subi quelque chose de vraiment révoltant …
Pourtant, tout arrive, vendredi soir, j'ai fait l'expérience de cette sensation, de cette rage et de ce sentiment d'appartenir au peuple, d'avoir une opinion commune avec reste de la masse, de revendiquer mes droits.
C'était au parc de Saint-Cloud, où pour la troisième année de suite, on m'avait prise pour une conne!






20090827

Madame Je-sais-tout?

Depuis toujours ma mère a les meilleurs conseils ou les réponses à toutes les questions… et je dois avouer que depuis toujours aussi, je le croyais.Jusqu'au jour ou j'eus un doute, un gros doute.


20090821

La vérité sort de la bouche des enfants malpolis!

En ce moment, mon grand de 4 ans est très "pipi-caca".
Perso, ça ne me dérange pas car l'humour pipi-caca me fait encore et toujours rire, le seul problème c'est qu'il manque aussi de retenue et de discrétion. Genre, il voit une personne en fauteuil roulant à côté de lui, tout fort il me demande "pourquoi elle a des jambes bizarres la dame?"

Dans l'ascendeur cette semaine, mon chérubin à trouvé amusant de lier son humour à son sens de la description.



20090817

Tricoti, tricota

On est en août et je pense déjà à l'hiver, ben oui, une fois les soldes d'été passées, à quoi sert l'été?
Donc, j'ai décidé d'imiter Gwyneth Paltrow, et me lancer dans le tricot. Mais bon,voilà,à part le point mousse que j'ai appris à faire il y à 25 ans, je ne suis pas très habile de mes aiguilles. 
Habile ou pas, me voilà toute motivée à rejoindre ce clan de tricoteuses zen et sélectes. Hop, petite virée au magaz entre midi et deux avec mes copines -leur avis couleur m'est impératif- et 12 pelotes d'alpaga plus tard -juste de quoi me faire un pull col roulé-, me voici dans mon salon pour débuter l'ouvrage.
Ambiance tamisée, bougie parfum Figolu, télé éteinte, musique douce, assise en tailleur sur la moquette… je commence mon rang. Mon deuxième… le troisième commence à être pénible… mes mains fatiguent, mes doigts deviennent moites et mes rangs se serrent, rendant la tâche plus difficile. Mon pull me paraît soudain bien loin de l'accomplissement.

Au bout du quatrième rang, je regarde sur internet pour voir s’il existe des machines à tricoter, et puis vite fait, un coup d'œil à mon Facebook, je poke Stéphanie, y'a quoi ce soir à la télé? Et c'est là que je me rend compte que je loupais Question Maison spécial travaux pratiques… J'ai donc rangé mes aiguilles et ma laine dans un joli sac à tricot vintage dégoté sur eBay…. en attendant une soirée plus calme.

 

20090812

Emois de bon aloi!

Quand j'étais petite, j'étais amoureuse de Marcel Amont, parce qu'il chantait bien et qu'il avait de beaux cheveux blancs et de Jean-Pierre Descombes parce qu'il était relax et il avait un super humour.

Une fois, Marcel Amont a chanté aux Jeux de 20 Heures entre deux palindromes, j'étais en transe.





20090811

Trop c'est trop!

Souvent je culpabilise de ne pas être sur la même longueur d'onde intellectuelle que mon mari…
On dit que les opposés s'attirent, mais parfois, on est tellement à dix milles lieues l'un de l'autre que c'en est déstabilisant .
Alors, bon, je me dis que ce n'est pas parce que je préfère la BD et lui la littérature, la télé réalité et lui ses débats politiques, les défilés de mode à ses matchs de foot, qu'on est incompatibles… du moment qu'on s'aime et qu'on reste diplomate.



20090728

Burn out

En ce moment, je suis tellement crevée au travail, j'ai du mal à me concentrer et je fais plein de bétises! 

Avant hier, j'ai vraiment merdé en essayant de ratrapper le biberon de 5.30 du matin...



20090721

Le dîner fut presque parfait...

Mon mari ne cesse de me le répéter, je regarde trop la télévision! Du coup, lorsque nous sommes invités chez des gens à dîner, je ne peux m'empêcher d'analyser la soirée de manière peu élégante...




Le problème, c'est que ma soeur est encore pire que moi dans la compétition...


 

20090719

Tourette, je te plumerais


L'autre matin, en attendant à l'arrêt du bus, alors que la masse de travailleurs se faisait plus dense, un homme souriant vint se mettre près de moi.Plutôt sympathique et beau garçon, je lui rends son sourire...
Je ne sais pas si c'est ce qui fut le déclencheur, mais suivirent ensuite un flot d'insultes incontrôlées aux décibels foudroyantes.
Stupeur, effroi, sueur... des gestes saccadés se mêlèrent à la parole, je me suis alors mise à fixer droit devant moi, l'air de rien...
L'attente me parut interminable.




20090615

Dialogue de sourds...

Il est si difficile parfois de faire comprendre la politesse et les subtilités de la langue Française à ses enfants...

Pas plus tard que la semaine dernière, je me suis retrouvé confrontée à une situation de fous... j'ai capitulé au bout de 20 minutes.




20090604

Jarvis loves me!

Il y a 3 semaines environ, mon idole de toujours, mon fantasme absolu, Jarvis Cocker, exposait à la galerie Chappe, à Paris. Évidemment, je me devais d'y aller d'autant plus qu'il allait y animer maintes activités burlesques. J'ai donc réveillé de bonne heure mari et enfant pour être les premiers à la galerie. Arrivés là bas, pas de Jarvis, même pas de galeriste, en fait on était méga en avance... Pour me faire pardonner d'avoir été hystérique de bon matin, je propose un brunch au café du Progrès, en bas de la rue Chappe... En entrant dans le café un peu déçu, qui vois-je installé devant une bière?!?! JARVIS! Évidemment mon sang ne fit qu'un tour et mes jambes se ramollir et je n'entendis plus rien autour de moi, mon love du me secouer pour que je dégage de la porte... Prise d'un élan de "bravitude", je m'installe à la table à côté mais sans pouvoir le regarder tellement je n'en pouvais plus d'être si proche. On commande alors à manger, je parle bien fort pour me faire remarquer, je sors quelques bavardages intellectuels pour me la jouer Parisienne blasée, je prends une salade au cas ou je pouvais perdre instantanément mes 7 kilos en trop, on ne sait jamais... Love lève les yeux au ciel, mi-amusé, mi-mal à l'aise, je continue mon show désespérément tout en me disant que plus j'en faisais, plus je me grillais mais peut importe, il fallait qu'il remarque ma présence. Ma salade arriva, je la mangeais délicatement, puis, prise d'un courage désespéré, je me suis tournée vers lui et me mis à le fixer, son regard croisa alors le mien, un énorme sourire envahit mon visage; je resta scotchée. Agacé par mon numéro de fan ridicule Love me traita d'adolescente en rut... au même moment Jarvis partit, mon coeur se mis alors à rebattre normalement et je redescendis sur terre un peu honteuse pour finir ma salade... J'eus trop honte ce jour là pour retourner à la galerie.



20090516

Rootsmama

Un jour alors que j'allais retrouver mon chéri à Paris; prise d'un élan de maternité au naturel, et aussi parce que j'avais plein de bagages, je décidais de me servir enfin de l'écharpe de portage baba que je m'étais achetée sur rootsmama.com .Le seul problème c'est que je ne savais pas comment attacher le bébé avec et que je n'avais pas eu le temps de trouver les infos sur le net car j'étais déjà à la bourre.Ni d'une ni deux, j'emballais mon bichon dans la toile et me rendis à la gare d'un pas vif.En chemin, je sentais déjà que le confort pour moi comme pour mon baby était douteux. Arrivée à la gare, je me vis dans le reflet d'une porte vitrée et le spectacle était terrible. Je ressemblais à un énorme paquet cadeaux ambulant. Mon fils était de travers et j'avais un noeud gigantesque dans le dos.Ceci dit; je fis la joie de quelques touristes japonais pour qui je fus sans doute le meilleur souvenir de leur passage à Genève et ils ne manquèrent pas d'immortaliser l'instant.

 




20090427

36 ans dans mon cou...





Aujourd'hui je suis allée me faire enlever un gros grain de beauté, communément surnommé "poireau", que j'avais depuis ma naissance en bas de mon cou.

Petite j'en étais très fière car ma maîtresse d'école avait le même et au fil des années, je ne m'en suis jamaispréoccupé, il faisait partie de moi, mon signe distinctif, je le trouvais joli.

C'est mon mari qui fut le premier à (oser) me dire qu'il était très laid, puis ma mère, qui se lâcha enfin, suivi de mon dermato qui le qualifia même de très moche et pas esthétique.

Donc ce matin, après une piqûre et deux coups de scalpel, mon naevus fut définitivement ôter de ma peau... et je le vécu un peu comme un déchirement.

Ceci est donc un petit hommage à cet ami de longue date, qui fut toujours à mes côtés, qui fût même embrassé par quelques téméraires, so long my friend...







20090122

Mon déni de grossesse

Enceinte, le fait de prendre du poids me désespérais. Je persistais à vouloir porter mes vêtements habituels.
Imaginez, neufs mois de
cauchemars larmoyants... pour moi et les miens.





20090121

Savoir relativiser, surtout après 30 ans...

C' est con, je sais, mais je peux toujours pas m'empêcher d'avoir des réactions un poil émotives à l'annonce du mariage d'un ancien amour...



20090112

Savoir donner les bons conseils, au bon moment...




20090109

Toujours rester concentrée sur les pensées importantes!



20080923

Etre en harmonie avec le monde qui nous entoure...




20080707

Toujours écouter les personnes qui ont de l'experience!



Parfois savoir faire abstraction aux conseils des personnes qui ont de l'expérience





20080423

Ne pas être jalouse de sa meilleure amie!


20080418

Savoir jongler entre féminité et maternité.


20080408

La moustache à Frida


Petite, mes parents et moi sommes allés en vacance à Cancun. Au retour, nous passâmes quelques jours à Mexico City. Pour une enfant de mon âge la ville n'avait rien d'attirant, mais je garde de superbes souvenirs de cette escale et un en particulier qui encore aujourd'hui me reste plus que les autres…

L'après midi était accablante de chaleur, la piscine de notre hôtel n'arrivait même plus à nous rafraichir et étrangement, il n'y avait aucune place à l'ombre autour de celle-ci.
Mes parents décidèrent alors de faire une expédition culturelle et une coccinelle verte nous déposa devant une jolie maison, dans une rue paisible et abritée du soleil… je me souviens du calme et de la fraicheur… c'était délicieux.

Ma mère était particulièrement excitée cet après-midi là. Elle parlait de féminisme et de révolution, d'amour et souffrance… apparemment elle connaissait bien le sujet de la visite.
Elle m'expliqua que nous allions visiter la maison d'une artiste peintre, morte il y a longtemps, une grande dame, belle et colorée et qui a beaucoup souffert. A cette annonce j'émis une réticence et proposa de les attendre dehors mais évidement, je n'eu pas gain de cause.
L'idée de visiter la maison d'une morte me terrifiait!

Les bribes de la visite sont encore intenses parce que la maison semblait encore habitée par sa défunte occupante. Rien de triste dans cette habitation céleste, loin de là.

Je me souviens du jardin, avec des palmiers, des petits coins ombragés, des murs bleus.
Mais ce qui me marqua le plus fut l'intérieur de la demeure. Je revoie sa cuisine, sa chambre, son atelier et son fauteuil roulant. L'émotion m'envahie. Malgré mon jeune âge, je fus saisie d'une émotion profonde et nouvelle que je n'arrivais pas à expliquer.

Les peintures encadrées aux murs représentaient souvent une femme avec de longs cheveux noirs et une moustache, dans des situations terriblement tristes ou effrayantes. Lorsque ma mère me dit qu'il s'agissait de la maitresse de maison, de Frida elle-même, j'eu un nouveau chamboulement interne. Tiraillée entre fascination et horreur j'optais alors pour le premier sentiment. Cette femme était vraiment hors du commun.

J'eu du mal à quitter la maison, j'avais envie de me remplir de couleurs, de rechercher le restes des odeurs de jadis, de guigner pour voir si je trouverai d'autres détails magiques sur la vie de cette fée grandiose.
Je quittai les lieux à contre cœur mais avec une carte postale qui représentait la belle.

De retour en France, je mis la carte sur ma table de nuit, comme une icône religieuse, et souvent je repensais à la visite de la maison, à ces peintures, j'eu même un livre sur ces œuvres le Noel qui suivit.

Un soir, remplis d'amour et d'admiration pour ma martyre exotique et sublime, je ne sais pas ce qui m'a pris, je suis allée dans la salle de bain et me suis emparée du rasoir Bic de mon père et de sa mousse. Quelques temps auparavant j'avais eu une grande conversation avec mes copines d'école sur la pousse des poils. Il paraissait que si on les rasait avec un rasoir, ils repoussaient plus vite et plus touffus (certaines en avait fait l'expérience sous leurs bras ou autres lieux désespérément imberbes).
Je commençai alors à raser le duvet que j'avais sous le nez avec détermination. J'avais un peu du mal parce que je ne savais pas dans quel sens agir mais je persistais. Le résultat ne fut pas très changeant mais je savais qu'il fallait que j'attende la repousse pour ressembler alors à ma Sainte Frida.
Je me couchai soulagée et heureuse, comme si j'allais dorénavant appartenir à une élite.

Le réveil fut moins glorieux. Je n'eu pas besoin d'aller me regarder dans le miroir pour savoir ce qui s'était passé… Je pouvais le sentir. Le dessus de ma bouche me brulait terriblement. Mon reflet confirma ma crainte. J'avais bien une sorte de moustache, mais pas du tout celle que j'attendais… J'avais fait une réaction à la mousse à raser apparemment, c'était l'horreur! Mes parents affolés m'accablèrent de questions auxquelles je du me résoudre à répondre la vérité… C'est alors qu'après un silence d'étonnement, leurs rires remplirent la salle de bains. Et ce ne fut rien comparé à ceux de mes camarades de classe…

Contrairement à celle de Frida, ma moustache ne fut qu'épidermique et fort heureusement ne dura que quelques (longs) jours.
Je rangea alors la carte postale dans un tiroir, trop honteuse d'affronter chaque soir qui suivit l'incident le regard de celle qui m'inspira.